Club d'escrime Paris 9e Fondé en 1884 Le club

Pratique

Guide du parent d'escrimeur en compétition

Accompagner son enfant en compétition, ce n'est pas simple. Quelques règles et conseils amicaux pour que votre enfant — et vous — profitiez au mieux de ces moments sportifs.

Ce qui marche — 7 attitudes à privilégier

  1. Privilégier l'effort et le travail plutôt que les résultats. Un bon match perdu vaut mieux qu'un mauvais match gagné. À long terme, c'est l'attitude qui forge le tireur.
  2. Développer progressivement son autonomie. Apprenez-lui à préparer son sac et à le vider (les masques rouillent avec la transpiration). Demandez-lui de vérifier la veille qu'il a tout son matériel. C'est en se prenant en charge qu'il pourra prendre les bonnes décisions sur la piste — où il sera seul.
  3. Soutenir sans jamais intervenir dans les matchs. Vous pouvez encourager. Vous ne devez pas intervenir sur le déroulement du match — c'est le ressort du maître d'armes (et uniquement à la pause, c'est la règle d'arbitrage).
  4. Rester positif après une défaite. Limitez-vous au comportement général. Ressortir les éléments positifs qui lui permettront d'avancer. La critique tactique et technique viendra du maître d'armes.
  5. Être à l'écoute et le laisser s'exprimer. Attendez qu'il vienne vous voir. Il doit évacuer sa déception ou sa colère contre lui-même. Évitez de parler du match tant qu'il n'en parle pas. Quand la conversation s'engage, laissez-le parler sans l'interrompre.
  6. Faire confiance au maître d'armes. Il a été formé pour ça. Discutez avec lui, posez vos questions, mais n'intervenez pas à sa place. Respectez ses décisions (choix des compétitions, heure de départ, constitution des équipes) — même si vous avez été escrimeur ou arbitre dans une "vie antérieure".
  7. Apporter un soutien logistique, des encouragements, le partage des émotions. A-t-il assez d'eau ? A-t-il mangé un peu ? Soyez son soutien logistique. Il saura venir vers vous dans la victoire comme dans la défaite — laissez-lui juste le temps.

Ce qui casse — 7 attitudes à éviter

  1. Ne pas dramatiser la défaite (et ne pas glorifier excessivement la victoire). Dramatiser ajoute au stress des compétitions futures et risque de décourager. Glorifier excessivement peut faire croire à l'enfant qu'il est "arrivé" — et l'inciter à se satisfaire de l'acquis.
  2. Intervenir pendant un match est strictement interdit. Pas d'exception. C'est la règle d'arbitrage et le respect du maître d'armes.
  3. Ne pas chercher des excuses à son enfant. Justifier une défaite par des éléments extérieurs (manque de chance, arbitrage, poule difficile…) ne lui rendra pas service. Et lui reprocher avec "pourquoi tu as fait ça ?" / "pourquoi tu n'as pas fait ça ?" non plus.
  4. Ne pas augmenter le stress de la compétition par votre attitude. Chaque geste, chaque mot est perçu très précisément par l'escrimeur en piste. Une attitude nerveuse déteindra sur lui ; une attitude calme le tranquillisera. Si vous n'arrivez pas à maîtriser votre stress, éloignez-vous le plus possible.
  5. Ne pas culpabiliser votre enfant sur les efforts que vous faites pour lui. N'ajoutez pas la pression de vos investissements financiers et de temps. Tant qu'il se donne à fond, c'est valable. Si l'investissement n'est plus à la hauteur, une discussion franche s'impose — pas une culpabilisation.
  6. N'utilisez ni l'ironie, ni la comparaison aux camarades. Il doit progresser par rapport à lui-même, pas par rapport aux autres. Sa progression a son rythme, peut-être différent de celui d'autres enfants de son âge. Ce qui compte, c'est le niveau atteint — pas le temps qu'on met.
  7. Ne pas mettre votre enfant sur un piédestal. Même s'il gagne quelques matchs, ne le présentez pas comme "le meilleur". Aidez-le à garder les pieds sur terre — c'est le meilleur moyen de continuer à progresser. Les "chevilles qui gonflent", ce n'est pas bon, même au haut niveau.

Sur la piste, ou pas ?

Quel parent êtes-vous ?

Quatre profils-types. Honnêtement, lequel vous ressemble le plus ?

À éviter

Le parent fanatique

  • Très préoccupé par la victoire ou la défaite de son enfant.
  • Pense que son enfant fait du sport pour gagner des médailles et des trophées.
  • Croit que son enfant a tout le potentiel pour aller en coupe du Monde ou même aux JO.
  • A honte de son enfant — et un peu de soi — quand il échoue.
  • Espère que son enfant ira plus loin que lui dans la carrière sportive.

À éviter

Le parent excité

  • Donne des conseils à son enfant pendant l'entraînement ou la compétition.
  • Donne aussi des conseils aux maîtres d'armes, intervient dans l'arbitrage.
  • Entre sur la piste si son enfant se blesse.
  • Donne des leçons d'escrime à son enfant en dehors de la salle d'armes.
  • L'enfant a déjà dit que ses conseils le dérangeaient.

À éviter

Le parent absent

  • N'assiste jamais aux compétitions.
  • Ne connaît pas les règles de l'escrime.
  • Ne connaît pas les camarades du club, ni le maître d'armes.
  • Pendant une compétition, lit, travaille, ne le regarde pas.
  • Ne participe pas aux déplacements collectifs ni aux moments conviviaux.

À privilégier

Le parent supporter

  • Connaît un peu les règles de l'escrime.
  • Encourage aux moments appropriés (temps morts, avant et après la compétition).
  • Respecte les décisions des arbitres.
  • Accepte que son enfant soit remplaçant.
  • Laisse son enfant décider s'il veut pratiquer en compétition.
  • Transmet les valeurs du sport — respect et fair-play.
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